@JujuCollomb (L’Union)

Retour sur le passage de notre invité Julien Collomb dans le Space consacré au bilan du Stade de Reims avant l’approche du sprint final débutant la semaine prochaine à Nantes. Interview réalisée par Antoine.

Le compte-rendu

Sujet : L’arrivée Will Still à la tête du banc rémois

Q : Julien, toi qui suit le Stade de Reims d’un œil plus « médiatique », quel a été le point de vue autour des premiers mois de cette saison ?

J : Bonsoir ! Oui, l’équipe manquait globalement de sérénité. Quand on enchaîne autant de matchs, avec autant de cartons rouges, c’est qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Aussi bien dans ce que véhicule le banc, ou encore, ce que les joueurs peuvent mettre comme maitrise sur le terrain. C’est pas possible de prendre autant de rouges, dont la plupart évitables. On sent désormais qu’on a une équipe moins timorée, qui a plus envie d’aller vers l’avant, qui est beaucoup mieux structurée et pose bien plus de problèmes à son adversaire. Quand on joue à 11 contre 11, c’est plus facile de marquer des buts et donc, de gagner des matchs.

Q : Est-ce la méthode plutôt « autoritaire » en désaccord avec le discours calme de David Guion, son prédécesseur, qui a manqué à cette équipe ? Il faut dire qu’on est pratiquement sur des opposés en termes de communication…

J : Alors, il ne faut pas faire passer David Guion et Will Still comme des agneaux sur un banc ! Depuis la tribune de presse, on est en surplomb par rapport aux bancs. Il y a quelques moments où Still conteste des décisions auprès du corps arbitral et avec David Guion cela lui arrivait aussi. La différence, c’est qu’avec Oscar Garcia, et aussi une partie de son staff, c’est qu’il y avait beaucoup de grinta, parfois surdimensionnée à ce qui devait être mis en place. Quand on a un banc qui manque de maîtrise, les joueurs le ressentent sur le terrain, et ce à tous les niveaux. Quand le coach braille, des joueurs peuvent être remontés et mettre le degré d’intensité trop élevé, manquer de maitrise et de clairvoyance. Tous cela additionné, on se retrouve avec une équipe en manque de sérénité. Un manque qui s’accentue avec la série de résultats, où le manque de point match après match, rend la saison encore plus anxiogène qu’à l’origine avec les 4 descentes qui attendent les clubs en fin de saison. C’est un facteur qui explique la multiplication des cartons rouges dans les équipes de Ligue 1 devant ce besoin de prendre des points. Il y a eu un vrai changement de vision, et de jeu, qui a apporté toute la différence.

Sujet : L’année 2023

Q : Après la Coupe du Monde, le Stade de Reims a officialisé Will Still à la tête de l’effectif rémois. En poste depuis octobre, le tacticien belge n’a jamais connu la défaite en championnat. Une statistique à peine effacée par Marseille dimanche dernier. Qu’est-ce qui se disait autour du Stade de Reims à ce moment-là, avec tes confrères ou d’autres proches ?

J : Je le résumerai en un mot : c’est incroyable. Incroyable de pouvoir enchaîner 19 matchs sans perdre en championnat et, en faisant pas que des 0-0 ou en gagnant ses matchs de manière rique-raque. J’ai senti, et je sens encore, il y a une vraie osmose dans ce groupe. Je tombe dans le cliché des footballeurs avec « le groupe qui vit bien ». Tout le monde est concerné, même les joueurs qui jouent moins avec des potentiels titulaires comme Maxime Busi. Il a toujours le sourire, toujours le premier à se lever quand son équipe marque. Il (Still) a réussi a fédérer tout le monde dans son management, même les joueurs qui jouent moins. Et puis, quand vous êtes footballeur et que votre 11 fonctionne, forcémment, les joueurs qui veulent jouer vont + se donner, et ceux qui jouent vont faire encore plus pour garder leur place. C’est un cercle vertueux et tout cela a donné cette magnifique série. On se disait souvent qu’à match, cela pouvait être celui de la rupture. Mais, il y a eu des retournements de situations comme contre Lorient où le club est mené 2-0 à la maison. C’est très mal embarqué et puis, parvient à l’emporter en marquant 4 buts en 60 minutes avec un Folarin Balogun qui marche sur l’eau cette saison. Le gros point noir reste l’élimination en Coupe de France. Il y a eu un match sans pour Reims à Toulouse. Il a raté l’évenément et la place de faire quelque chose dans cette épreuve. Pas forcément une victoire finale à la clé mais de sortir de différente manière.

Q : L’Europe reste envisageable malgré le revers contre Marseille ?

J : Si vous regarder le calendrier à venir du Stade de Reims, l’ensemble des adversaires sont classés en-dessous de l’équipe champenoise. Factuellement parlant, l’équipe va être tributaire des résultats des autres équipes devant elles. Mais si, le Stade de Reims réenclenche une série et que devant, des équipes calent ou se neutralisent dans des confrontations directes, l’équipe rémoise peut prétendre à grimper d’une ou deux places. Et puis, s’il y a un enchainement de bons résultats, pourquoi pas. Si Reims était parvenu à faire tomber Marseille, cela aurait été un symbole fort envoyé au championnat de rester invaincus sur 20 rencontres consécutives et de faire tomber un gros de ce championnat. En s’intéressant à la physionomie du match, on est plus proche du 2-2 que de la victoire marseillaise. Il y a deux erreurs qui occassionnent deux buts. Tandis que Reims a touché les montants à 2 reprises, a les plus grosses occasions en seconde période. Nous n’avons pas vu les sept places de différence entre les équipes. Tous ces éléments permettraient à l’équipe de rester dans le top 10, voir prendre une ou deux places. Si Reims termine 6 ou 7ème, le Stade de Reims n’a rien à perdre et tout à gagner. Il reste 10 matchs : tout peut aller très vite en football à l’image du début de saison où le club était plus proche de la descente que de l’Europe.

Sujet : Les joueurs prêtés, les joueurs d’avenir et ceux du présent

Q : Tandis que Folarin Balogun retournera très probablement à Arsenal et que les fonds issus de la vente d’Hugo Ekitike seront obtenus, je voulais qu’on s’intéresse à ceux qu’on retrouvera la saison prochaine. Parmi les joueurs prêtés, lequel te semble être une promesse d’avenir ?

J : Je retiens Martin Adeline. Quand il est rentré en jeu cette saison dans le derby à Troyes, je considère qu’il faut, pour un jeune joueur comme lui, le faire rentrer à son poste. Il s’est retrouvé sur le côté gauche et à son âge, il doit progresser en jouant à son poste. Un prêt qui s’avère concluant puisqu’il montre de belles choses à Rodez en Ligue 2 dans l’objectif de maintenir son club. Pour Ilan, je pense qu’il avait besoin de se relancer. Il avait fait une préparation convaincante et peut devenir un élément essentiel sous Will Still, il a toutes les qualités pour. L’entraineur a relancé beaucoup de joueurs qui ont étés dans de mauvaises phases comme Alexis Flips, passé de piston sur son côté droit, à un électron libre. De plus, il apporte beaucoup dans sa qualité à tirer les coups de pieds arrêtés. De même pour De Smet que je considère presque comme une recrue tant il est devenu indiscutable à gauche, ce que Bradley Locko n’a su apporter.

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